Comment mesurer l’impact carbone d’une entreprise ?

Limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici 2030 est un défi majeur pour notre société. Pour y parvenir, les entreprises, les collectivités et les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer. Avant d’envisager toute réduction, il est indispensable de connaître l’empreinte carbone de ses activités. Cela passe par une étape incontournable : la mesure précise des émissions de gaz à effet de serre (GES).

comment calculer le bilan carbone d'une entreprise

Pourquoi mesurer son impact carbone ?

On ne peut améliorer que ce que l’on mesure. Appliquer ce principe à la transition écologique revient à poser un diagnostic carbone fiable. Connaître le volume de ses émissions permet à une organisation de cibler ses efforts de réduction et d’optimiser ses actions environnementales.

Les émissions de GES d’une entreprise se répartissent généralement en trois catégories, appelées « scopes ». Le Scope 1 regroupe les émissions directes, issues par exemple de la combustion de carburants. Le Scope 2 couvre les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie. Enfin, le Scope 3 englobe toutes les autres émissions indirectes, qui sont souvent les plus importantes. Celles-ci incluent les émissions de toute la chaîne de valeur, en amont comme en aval : les achats de matières premières, la logistique, les déplacements des salariés, la gestion des déchets ou encore l’utilisation et la fin de vie des produits vendus.

Qu’est-ce que le bilan GES (BEGES) ?

Le Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre, ou BEGES, est le cadre réglementaire qui vise à quantifier ces émissions pour les entreprises françaises. Pour le réaliser, plusieurs méthodologies de référence existent. La plus connue en France est le Bilan Carbone®, une méthode développée par l’ADEME (Agence de la Transition écologique). Il est également possible d’utiliser des standards internationaux comme le GHG Protocol ou la norme ISO 14064. Des bureaux d’études spécialisés, comme le cabinet de conseil en stratégie de décarbonation Tessea Carbone, assistent les organisations dans cette démarche complexe.

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Ce bilan est obligatoire pour certaines organisations. Il concerne notamment les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (ou 250 en outre-mer), les collectivités de plus de 50 000 habitants, les administrations publiques et les services de l’État. Ce bilan doit être mis à jour tous les quatre ans pour les entreprises et tous les trois ans pour le secteur public. Il doit ensuite être publié sur une plateforme gérée par l’ADEME.

Cette évaluation quantifie six catégories de gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), les hydrofluorocarbures (HFC), l’hexafluorure de soufre (SF6) et les perfluorocarbones (PFC). Tous les résultats sont convertis en équivalent CO2 (CO2e) pour harmoniser les calculs.

Et après le calcul, on fait quoi ?

Un bilan n’est pas une fin en soi ; c’est un point de départ. Une fois les principaux postes d’émissions identifiés, l’objectif est de bâtir un plan de transition pour inverser la trajectoire carbone. Ce plan d’action vise à définir des objectifs et des moyens pour diminuer durablement les émissions de CO2e.

Les actions de réduction peuvent être de plusieurs natures. Certaines sont immédiates et ne nécessitent pas d’investissement, tandis que d’autres sont prioritaires en raison de leur fort potentiel de réduction. Des actions plus stratégiques peuvent également être envisagées, impliquant des modifications structurelles et opérationnelles au sein de l’entreprise.

Après avoir mis en place toutes les actions possibles pour réduire son empreinte, il reste souvent des émissions résiduelles. Pour celles-ci, il est possible de recourir à la compensation carbone volontaire. Ce mécanisme consiste à financer des projets qui réduisent ou séquestrent des émissions de GES ailleurs dans le monde. Ces projets peuvent prendre la forme de développement d’énergies renouvelables, de reforestation, ou de soutien à des pratiques agricoles durables en France via des labels comme le label Bas Carbone. L’objectif final est d’atteindre la neutralité carbone, c’est-à-dire un état où l’impact de l’entreprise sur le climat est nul.

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